Inoubliable.....
Même si les matchs face au PSG et à Bordeaux resteront gravés dans les mémoires c'est sans doute la double confrontation avec l'Olympique de Marseille en 1972 et 1975 qui fera à jamais battre le coeur des supporters jaunes et noirs.
Le 15 mars 1972 dans un stade Dunlop rugissant de plaisir, l'EDSM (D2) accueille l'Olympique de Marseille (D1) des Skoblar, Gress, Bosquier et autre Carnus. C'est encore l'époque où à partir des 16èmes de finales, la compétition se déroule en match aller-retour. Au match aller, les montluçonnais n'avaient pas pesé bien lourd au stade Vélodrone où l'OM avait dicté sa loi 4 à 1. On donnait bien peu de chance aux jaunes et noirs pour le match retour. Mais devant 11 200 spectateurs tenant leur équipe à bout de bras, les jaunes et noirs se sentir pousser des ailes. Pierre Bodin avait parfaitement préparé ses troupes et à la 44ème minute, Yoboué fit trembler les filets olympiens en battant Carnus le goal marseillais. Avec un avantage d'un but à la mi-temps, les montluçonnais repartaient à l'assaut dès l'entame de la seconde période et Grigolo à la 51ème doublait la mise pour les jaunes et noirs. L'EDSM dominait alors la recontre. Mais l'OM tint bon et parvint au final à préserver ce score de 2 à 0 qui assurait aux marseillais la qualification pour les 8èmes de finales. Les jaunes et noirs terminaient le match la tête haute sous l'ovation du public.
L'EDSM était certes éliminée mais le lendemain le journal l'Equipe titrait en première page: " Inouï: Montluçon remonte deux buts à un OM ballotté". On pouvait encore lire dans la presse les phrases suivantes: "On ne sut jamais hier quelle équipe était la championne de France en titre" "Jamais nous n'avons vu onze joueurs jouer avec une telle détermination, une telle fougue, une telle autorité, un tel désir de vaincre. Tous ont lutté jusqu'à la limite de leurs forces, jusqu'à la limite du possible". Les 11 montluçonnais étaient Caruel, Desnoix, Zaïk, Jadzyk, Buffelard, Romier, Villa, Drochon, Yoboué, Périgaud et Grigolo.
3 ans plus tard ces deux équipes devaient se retrouver à nouveau au stade des 16èmes de finales. Le match aller se disputait cette fois au Dunlop. Dans un stade plein à craquer (12 300 spectateurs, le record), les deux équipes s'étaient quittées sur un score vierge de 0 partout non sans que les marseillais eurent quelques frayeurs. La qualification devait donc se jouer au match retour à Marseille. Quelques jours avant la rencontre les deux stars brésiliennes de l'OM (Jairzinho et Paulo Cezar) vainqueurs de la Coupe du Monde 1970 avec la selection brésilienne avaient pronostiqué que Montluçon serait battu par 4 à 5 buts d'écart. Mais tout comme Pierre Bodin 3 ans plus tôt, René Gardien le coach des jaunes et noirs avait lui aussi bien préparé son affaire. En fait de partie ouverte et offensive, les marseillais et notamment les deux brésiliens passèrent leur temps à pourrir la rencontre en commettant agression sur aggression. Les jaunes et noirs ne tombèrent cependant pas dans le piège et firent douter les olympiens. Le temps réglementaire se terminait à nouveau sur le score de 0 partout et il fallait donc recourir aux prolongations. Et tout comme 3 ans plus tôt, l'OM avait ce petit brin de réussite et ouvrait le score ce qui lui permettait de se qualifier pour le tour suivant.
Naturellement René Gardien avait beaucoup de regret au terme de la rencontre mais il était aussi particulièrement fier de ses troupes: "Aujourd'hui les gars ont encore démontré qu'ils avaient une juste et réaliste conception du football. Quelle santé chez un Bernard Lauterbach, un Coutard ou un Buffelard! Quelle aisance chez un Jadzyk ou un Rubio! Quel talent chez un Chartier! Ils m'ont bougrement fait plaisir et les autres C. Lauterbach, Périgaud, Romier, Ouali et Rosier, dans cette rencontre qu'ils ont marquée de leur personnalité et de leurs qualités." Quant aux marseillais, ils avaient senti le vent du boulet. La presse marseillaise soulignait "l'excellent esprit des montluçonnais au football collectif remarquable" et le coach olympien Jules Zvunka reconnaissait avec l'attaquant marseillais Georges Bereta la "grande valeur de l'équipe montluçonnaise". Le mot de la fin était pour l'ancien de l'OM Mario Zatelli glissant à l'oreille de Jules Zvunka: "L'autre fois on était passé par la petite porte, aujourd'hui par le trou de la serrure. La prochaine!..."
Après une période de disette côté Coupe de France, l'année 1988-1989 allait de nouveau mettre les montluçonnais sur le devant de la scène. Au 7ème tour, les jaunes et noirs qui jouent alors en D3 parviennent non sans mal à éliminer Annecy qui évolue alors en D2 par 2 buts à 1. Au 8ème tour, ils réussissent l'excellente performance d'aller chercher leur qualification sur le terrain du Gazélec d'Ajaccio (également équipe de D3) sur le score de 3 à 1. L'EDSM retrouve sur son chemin en 32ème de finale le glorieux Stade de Reims (D2) pour un match joué sur terrain neutre (Moulins) qui voit les jaunes et noirs prendre le meilleur sur les champenois 2 à 1 devant 5 000 spectateurs. C'est le Paris SG (D1) qui se dresse sur la route de l'EDSM en 16ème de finale. Devant 11 000 spectateurs, les montluçonnais font mieux que résister face à un PSG pratiquant sous l'ère Ivic, un football totalement fermé. Slimani et Ibanez firent à plusieurs reprises naître l'espoir. Hélas, Xuéreb jouait bien le coup pour le PSG en simulant une faute dans la surface et en obtenant un pénalty transformé par Pérez à la 68ème minute. Les jaunes et noirs poussaient pour revenir mais sans succès et s'inclinaient finalement 1 à 0.
Qu'importe la défaite, les joueurs montluçonnais avaient fait vasciller les Parisiens qui étaient à ce moment leader de la D1. Le journal l'Equipe mentionnait:"Montluçon entreprenante et courageuse, méritait assurément un résultat plus équitable". Le onze jaune et noir, entrainé par Jean-Paul Pfertzel, était composé de Bonnaud, Gayon, Debaut, Késérovic, Roffet, Stamm, Pokée, Slimani, Charvillat, Kutermak et Ibanez. Au match retour à Paris, il n'y eut pas de suspense et les jaunes et noirs s'inclinèrent plus lourdement 5 à 1.
Lors de la saison 1991-1992, l'EDSM est amenée de nouveau à rencontrer une équipe prestigieuse en Coupe de France avec la réception des Girondins de Bordeaux (D2) au 8ème tour où évoluent Huard, Lizarazu, Sénac et Dugarry. Devant un très nombreux public, les jaunes et noirs livrent à nouveau un match exemplaire. Christophe Chartier ouvre le score en première mi-temps sous un tonnerre d'applaudissements. Mais les girondins qui sont en tête de la D2 ne tardent pas à réagir et égalisent toujours en première période. L'EDSM fait parfaitement jeu égal avec les bordelais tout au cours de la seconde mi-temps et de la prolongation mais le score n'évolue plus. Et c'est par le trou de souris des tirs au but que les girondins arrachent finalement leur qualification pour les 32èmes de finales 4 pénaltys à 3. Les joueurs de l'EDSM figurant sur la feuille de match étaient Bonnaud, Gayon, Gauge, Debaut, Keserovic, Berthelier, Bakekolo, Burgat, Affaire, Pokée, Chartier Charvillat, Rochefort, Desfayes, Lespinasse, De Miranda et Oficialdegui.
2 accessions en 8ème de finale et 6 en 16ème de finale, c'est un sacré parcours pour l'EDSM! Et que de moments magnifiques......
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Le dernier match (18/05):
Fin du championnat de DH 2007-2008: